La santé, des amitiés solides, un job qui a du sens, un couple qui roule, des enfants qui deviennent de belles personnes et plein d’autres trucs. On sait tous plus ou moins répondre à la question “qu’est-ce qui fait pour toi une vie réussie ?”.

La question qu’on pose beaucoup moins souvent, c’est : pour avoir ça, qu’est-ce que tu es prêt à encaisser ?

Bah oui,
> La personne avec qui tu partages ta vie est aussi celle avec laquelle tu t’engueules de temps en temps.
> La maison que tu achètes est aussi celle qui engloutit plusieurs de tes week-ends en entretien et réparations.
> Le job de tes rêves est aussi celui qui t’empêche parfois de dormir.> Tu chéris la flexibilité que t’offre ton statut d’ indépendant. Mais tous les 3 mois tu te demandes si tu ne retournerais pas dans le salariat.
> La forme physique que tu vises implique plusieurs séances de sport par semaine. Dur dur de s’y coller parfois quand le canapé te tend les bras.

La médaille a son revers. Toujours. Sauf que souvent on aimerait bien ne prendre que la face la plus reluisante.

La montagne me le rappelle en permanence. La pointe des Verts récemment : une sublime traversée d’arêtes, alpinisme pas très dur, mais alpinisme quand même, des moments sur le fil où il faut prendre sur soi, des descentes raides dans les névés, j’étais pas très rassurée, concentration à chaque planté de piolet
dans la neige. Bien encordée, bien encadrée, j’en ai bavé juste ce qu’il fallait.

Cette sensation de dépassement de soi qui fait grandir sans se mettre dans le rouge.

A des années-lumière de cette autre course, bien plus facile sur le papier, du très raide en forêt, terrain meuble, piolet indispensable là aussi, bon sang faut qu’il tienne, c’est pas dingo sur les pieds. Zéro plaisir, ça m’a gavée. Je sais désormais que ça je n’en veux plus.

En réalité, le problème n’est pas tant d’en baver. La question c’est : “Est-ce que ça en vaut la peine POUR TOI?”

Cette promotion qui nécessite que tu t’expatries seul pendant 3 ans ? Ce job, après un an de recherche, dans une boîte qui ne te fais pas rêver, des mois en dent de scie quand tu te lances à ton compte, ces conversations inconfortables pour sauver une relation qui compte?

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Il y a TA réponse. Et tu as le droit d’en changer au fil des évènements et au fil du temps. Tant que tu assumes.

Alors, pour quoi es-tu prêt à en baver ? Et surtout… pour quoi ne l’es-tu plus ?

Be brave.

Delphine

#TheCourageofBeing

Photo – AM – Pointe des Verts – Aravis – Haute-Savoie. Immense gratitude à Arnaud et Gilles, mes 2 comparses du jour pour la cordée en toute sécurité.